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ayamun
cyber-revue de littérature berbère
Mai 2000 Numéro 1
Sommaire:
Voici le
contenu de ce premier numéro:
6°)_un
embryon de cyber-librairie
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Vie et oeuvre de Bélaïd At-Aâli,
écrivain de la Kabylie Il y a
50 ans , le 12 mai 1950, à l'âge de 41 ans mourrait dans la solitude la plus
totale, l'un des pionniers de la littérature tamazight, Bélaïd At-Aâli,
hospitalisé dans le service des incurables de l'hôpital de Mascara. De son
nom officiel, IZARAR Bélaïd,il est né à AZRU-U-QELLAL en 1909, dans la
commune de Michelet (Ain-lhemmam-Tala-n-Tsekkrin). Sa mère Nna-Dehbia étant
enseignante, Bélaïd bénèficia très tôt d'une scolarité normale, chôse rare
pour l'époque. Exilé
très jeune, il devient sergent-chef de l'armée française. En 1942, sa
compagnie est stationnée à Gabès en Tunisie le long de la ligne Mareth.
Bélaïd y attrapa le scorbut. Déserteur, il se réfugie dans son village natal
jusqu'en 1946. C'est pendant cette période de clandestinité et de misère
matérielle qu'il rédigea l'essentiel de son oeuvre. Bélaïd
commence sa descente aux enfers, non pas en 1942 le jour de sa désertion, qui
était somme toute assumée, mais le jour où, en 1946, il prit la route du
Maroc pour rendre visite à son demi-frère Muhend-Said dont il espèrait de
l'aide, probablement pour l'obtention de papiers d'identité dont Bélaïd est
dépourvu depuis sa désertion. Muhend-Said a vite fait de se débarrasser de
cet hôte indésirable incorrigible buveur. Déçu,
ulcèré, Bélaïd entreprit à pied le chemin du retour,dans le dénuement le plus
extrême. I945:Oujda 1948:Tlemcen 1949:Mascara
et Sig 1950:Mascara. Vagabond,
sans pièce d'identité aucune, il est expulsé par la police des différentes
localités où il sejourne. Entre deux emprisonnements, il survivait de petits
travaux (écrivain public, gardien de vergers etc...). L'alcool et la
pneumonie vont faire le lit de la tuberculose qui l'emportera. En
1949,il est hospitalisé à Tlemcen et remplit ses longues journées d'hôpital
en écrivant ses souvenirs et ses poèsies. Il lisait des traités de
Psychologie et des livres traitant de l'histoire de l'Algèrie ou tout ouvrage
lui tombant entre les mains. Ces occupations lui rendirent l'éxil et la
solitude plus supportables. A 40
ans, ses voisins de lit l'appelaient "Chibani" tant ses cheveux
avaient blanchi.Il n'avait déjà plus de dents depuis longtemps, consèquence
du scorbut dont il avait été atteint à Gabès pendant la guerre. "Mon
existence s'achève, et je l'aurai dépensée jusqu'au dernier jour à imaginer
et à composer des rêves". Son
oeuvre écrite a été éditée par le Fichier de documentation berbère de
Fort-National (FDB) en 1963-1964 sous le titre "Les Cahiers de Bélaïd ou
la Kabylie d'antan", tome
1,textes en langue Tamazight, 478 pages. tome
2,traduction, 446 pages. Les
premiers feuillets de son oeuvre furent publiés à partir de 1946, sous forme
de livraisons mensuelles à tirage réduit de confection quasi-artisanale sous
la direction de JM DALLET et JL DEGEZELLE . L'essentiel
de son oeuvre se compose de contes, de chroniques, de poèsies et d'un roman. Les
contes que Bélaïd a repris sont de facture résolument moderne avec
introduction d'une fiction empreinte d'un réalisme nous éclairant sur la
personnalité de l'auteur: Bela¯id s'implique dans cette fiction; les personnages
de ses contes portent des noms: c'est déjà du pré-roman. L'histoire ne se
termine plus sur la traditionnelle "happy-end" mais le "pauvre
reste pauvre et le riche s'enrichit à ses dépens". Son
oeuvre-maîtresse est sans aucun doute "Lwali n wedrar" ( Le saint
de la montagne), un roman de 111 pages avec un début, une action avec
intrigue, des études de caractères et une fin. Il s'agit de l'histoire d'un
dénommé "Bu- Leþtut", une espèce d'anti-héros, de niais de village,
qui se retrouve, bien malgré lui, jouant le rôle de marabout
"règnant" dans une montagne où les villageois viennent chercher la
baraka. Une vérité mérité d'être rétablie: le premier roman écrit
par un amziþophone s'est fait non pas en Français, mais directement en langue
Tamaziþt. Si cette expèrience n'a pas fructifié dans les années 45-50, cela
tient à des raisons purement accidentelles, dont ma principale est, bien-sûr,
la mort précoce de Bélaïd. Bélaïd
at-Ali a également écrit des chroniques telles que "sut-taddart"
(les villageoises), "at-zik" (les anciens) , "Jeddi" (
grand-père). Dans ces
chroniques, Bélaïd jette un regard sympathique mais sans complaisance sur ses
comtemporains, sur "la Kabylie d'antan" Béla¯id a écrit des poèmes,
mais il est plus prosateur que poète, maître d'une prose consciemment
élaborée. Bélaïd a
transcendé cette ambivalence qui a caractérisé nos grands romanciers des
années 50. Chez lui,les choix sont clairs, le problème de la douloureuse
attraction-répulsion de l'Autre, a été réglée dès le jour où il choisit de
déserter. Cette impression perpètuelle d'être assis entre deux chaises, entre
deux langues, se transforme chez lui en "épée de Damoclès" du fait
de sa désertion et des consèquences qui pouvaient en découler. Il a fait
voler en éclat son complexe de colonisé dès lors qu'il choisit de vivre en
dehors de tout circuit officiel, dans une marginalité assumée et revendiquée.
Parfaitement bilingue, c'est dans sa langue maternelle (Tamazight) qu'il
choisit d'écrire et ce choix n'est pas innocent. Sans la moindre prétention
de se voir publié un jour,il note: "Ne
croyez pas que je suis entrain d'écrire pour écrire, je suis entrain de vivre
des jours qui ne sont pas ordinaires, des jours dont je ne peux pas perdre une
minute, car j'ai une maladie dont je sais assez par mes lectures...". Pour une
approche plus approfondie de cet écrivain qui reste à découvrir,nous
conseillons: 1°)
l'article écrit par M'barek Redjala dans "Encyclopedie universalis"
sur la langue et la littérature kabyles (page 602) ,I980 2°) la
Revue Tafsut n°6 et 7 ,1983 3°) la
Revue Boîte à Documents,n°2,1987. Md AMEZ <!--msnavigation--><!--msnavigation--> |
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Mai 2000 numéro 1 UN MONDE SANS "LAANAYA" "_ La Djemâa qui peut exécuter un homme ou le priver
de tous ses biens n'a pas le droit de le détenir pendant une heure "
écrivait au siècle dernier le général Hanoteau, ce fin observateur de la
société algérienne anté-coloniale, notamment de la Kabylie et du Hoggar.
C'est dire son étonnement de découvrir une terre où la prison était inconnue,
et la détention par le corps interdite. Dans ce pays où il n'y avait ni police ni gendarmerie,
l'ordre public était pourtant assuré. En effet, jusqu'à une date très récente, et bien après
l'indépendance, un trait commun caractérisait nos sociétés rurales : il
s'agissait de Lâanaya. C'était plus qu'une coutume, plus qu'une tradition.
C'était une véritable institution qui faisait consensus et grâce à laquelle
la vie civique était possible : l'ordre public était de fait assuré de la
façon la plus humaine et la plus écologique possible. "_ Les Kabyles n'ont jamais eu de sultan mais ils
ont toujours reconnu une reine, laânaya" écrivait le même Hanoteau,
émerveillé par cette institution sans doute unique au monde. Ce trait
sociologique qui caractérisait la Kabylie était en fait généralisé à toute l'Algérie
rurale, voire l'ensemble du Maghreb. Ce caractère sociologique, en fait véritable institution
sans doute plusieurs fois millénaire, a su résister à différentes
colonisations : elle est sortie pratiquement indemne de la dernière en date,
l'une des plus redoutables. Seulement, 30 quelques décennies années d'une
indépendance socialement déstructurante ont eu raison de cette vieille dame
protectrice. Car Laânaya, c'était en même temps la protection :
protection de l'être humain en détresse, contre les forts, contre le pouvoir
central, contre toutes les misères. C'était l'ultime paravent contre la mort,
le dernier rempart de la vie. Laânaya était en même temps la plus démocratique des
institutions puisque tout le monde pouvait la donner, l'assurer : le marabout,
le cheikh du village, l'amin, le voisin, la femme, le pauvre ou le riche.
C'était un droit et un devoir que tout un chacun se devait d'assumer. Elle
englobait tous les actes de la vie quotidienne dans toute leur diversité, et
faisait consensus national dans ces contrées constituant le
"Bled-Ssibaâ", où les pouvoirs centraux étaient de tout temps
ignoré. Des lieux aussi divers qu'un banal village, une petite zaouia, une
mosquée ordinaire, une simple chaumière, un chêne foudroyé pouvaient assurer
Laânya. Les 3 exemples suivants, différents les uns des autres,
ont pour trait commun d'illustrer le large éventail la diversité et
l'efficacité de Laânaya. _ Un enfant, devant une fessée méritée, pouvait y
échapper en demandant Laânaya à sa grand-mère ou à l’adulte le plus proche. _ Pour échapper à une mort certaine, par exemple une
vengeance, le persécuté pouvait trouver Laânaya auprès de la première zaouia
rencontrée. L'Histoire a retenu le nom du Marocain Md_Waâli Awzal, cet
écrivain berbérophone né vers 1680 mort en 1750 qui, pour furie une vendetta,
a demandé Laânaya de la Zaouia de Tameggrut qui la lui a accordée 20 années
durant. Il a mis à profit cette protection pour rédiger ses ouvrages
principaux rédigés dans la langue chleuh : El_HewD et BaHr-ddummuâ. Plusieurs siècles avant lui, un dénommé Ibn_Khaldun
lui-même a profité à maintes reprises de cette institution pour échapper aux
puissants de l'époque. Un de ses maîtres de même que son frère Yahya
Ibn-Khaldoun, en milieu urbain et à défaut de Laânaya, ont fini étranglés. A la lumière de ces 2 exemples, il apparaît que Laânaya
est source de générosité et de richesse intellectuelle : Laânaya est un
mécène qui ignore superbement les frontières ! _ Pour traverser une région aussi vaste fut-elle, il
suffisait à une caravane de demander Laânaya d'un quelconque habitant de la
région à traverser et le voyage avait toutes les chances de se dérouler sans
encombre. Laânaya est donc sauf-conduit, un laissez-passer en béton. _Parmi les êtres humains, la femme est celle qui détenait
Laânaya la plus inviolée. Il était proscrit d'agresser un homme devant elle !
Il suffisait à un homme poursuivi et sur le point d'être assassiné de
demander Laânaya de la première femme rencontrée pour qu'il bénéficie d'un
sursis. Notre histoire par le biais de Laânaya démontre qu'un
peuple peut vivre normalement sans entretenir une armée. Elle est source
d'économie pour le contribuable. Elle est garantie d'une paix durable. "_Chez ces montagnards, où la liberté est plus
précieuse que la vie" les nuisances sociales étaient gérées de la façon
la plus intelligente possible. L'ordre public est assuré d'une façon optimale
: c'était une "politique écologiquement correcte", avant la lettre. La sagesse populaire dit : "_Que Dieu nous épargne
de vivre dans un monde sans Laânaya !" Mais voilà qu'une indépendance débridée et une incurie
politique déstructurante ont annihilé une institution millénaire et efficace,
à la grande joie de ceux qui nous bradé des "idéologies clés en
mains". Heureux nos anciens qui n'ont rien vu ! En Algérie, en cette fin début de 20 ème siècle, parce
que Laânaya est brisée, les femmes sont violées devant leurs parents, les
hommes sont abattus devant leurs épouses, des crimes sont commis dans
l'enceinte même des mosquées, les écoles sont désertées, les terres sont
brûlées, les villages n'ont plus de "horma", d'inviolabilité, la
solidarité millénaire fait place difficilement à une charité mal comprise. Et
les arbres brûlés ! A.OUFREHAT paru in LA TRIBUNE du 18/03/1995 <!--msnavigation--><!--msnavigation--> |
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Mai 2000 numéro 1 ASEFRU N
TALUFT Yusa-d ɣur-neɣ yewwi-d yid-es tikkerkas udem-is d awraɣ d tideţ yekka-d si tillas Yurew-ed sin n wawalen yefka-yaɣ-ten-id d tarzeft d uqbiren d irẓaganen ma ad ak-ed-yefk warẓez tamment Tura cwiṭ akk-a a-n-yezger ɣur-wen i-wakken ad teẓrem d acu-t azaglu-ines d idmimen iẓri-nnwen a-t-tezdeɣ taluft D neţţa i-wumi qqaren azrem bu-7 tsuqqas igen deg wegbrid yedhen agemmaḍ-in d ameqyas Ma d imeṭtawen yeḥman anida llan ad awen-ten-in-yawi tilawin akk d imawlan ad ddarin tiziri Ɛ.Mezdad Isefra n tatut <!--msnavigation--><!--msnavigation--> |
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Mai 2000 numéro 1 Pour acheter
les ouvrages suivants, nous contacter à notre adresse de
messagerie électronique: ayamun@hotmail.com allen n tayri de Md Aït-Ighil, recueil de nouvelles, 110 pages tagrest urɣu de Ɛ. Mezdad, roman, 185 pages |
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